C'est au plus profond de mon inconscient qu'abrite cette montrueuse créature que je craignais tant, et que je crains toujours d'ailleurs. Cette fois, je la subis à travers mon être, ma raison, mon instinct, je la subis à travers ma peau.. ma peau.. qui était si intensément liée à la sienne.
Mes lèvres, dévorant ses lèvres d'une puissance quasi inébranlable, et qui par la suite, celles ci, recrachant les miennes pour me les arracher à son tour..
Nos lèvres.. se fuyant elles-mêmes, pour se fondrent violemment les unes dans les autres, réveillant, chez moi, l'horreur qui avait déserté les 18 années de ma vie. Et mon corps, s'abandonnant, dans le gouffre, aussi sombre que la piece, à son corps, me possédant presque.
L'envie, le désir, l'union me dirigeant vers l'infériorité se sont transformés en esclavage. Esclave j'ai cru devenir. esclave de sa chaleur. esclave de la chaleur.
Détenue contre moi même. contre cette horrible chose qui vit au dedans de moi depuis ce jour ou depuis des siecles je n'en sais rien.
Et puis il y avait mes mains, qui s'évadaient dans sa chevelure, serrant son crâne pour faire monter l'adrénaline jusqu'à ma tête, qui hallucinait, paranoïait, perdant tout équilibre.
Dictant mes doigts, qui glissaient le tour d'un crâne vivant d'excitation, à vouloir tirer des rêves, des emotions, des sentiments, vers un coeur mort. vers mon coeur qui lui, n'aurait peut-être rien partagé, et se serait enfui. fugitif. dans l'ombre. pour profiter de ce trésor qu'il n'a pas repéré en premier. qu'il n'a pas repéré du tout.
Ce trésor, qu'est l'Amour.
Je captais sa peau, ses lèvres, ses mains, son souffle.. son souffle aussi fort que l'orage.. son putain de souffle, qui, je savais depuis longtemps, intuitivement, allait laisser la luxure s'emparer de mon enveloppe pour stimuler ce souffle à devenir progressif. faisant passer mon souffle à une façon de suffoquer. Comme si j'allais pleurer.. comme si j'agonisais de soif.
J'avais soif pour sa peau..
J'avais seulement soif pour de la peau.